Oujda vibre au rythme du raï16/07/2007
L'Association Oujda Raï organisera, en partenariat avec
la wilaya d'Oujda, la première édition du Festival international du raï
du 19 au 21 juillet. Un festival dont le premier objectif est de mieux
faire connaître Oujda et les talents de la ville.
Un
événement attendu et mérité à la fois. Oujda se prépare à accueillir la
musique raï dans quelques jours. Pour la première édition, du 19 au 21
juillet, les organisateurs de ce premier festival international du rai
proposent un plateau alléchant. De grandes stars feront vibrer les
foules au complexe sportif d'Oujda et à la place publique de Bab Sidi
Abdelwahab.
Un festival avec deux moments forts. Une sorte de
«prélude» ou avant-goût aura lieu les 16 et 17 juillet en plein
centre-ville avec la troupe géorgienne, les Berkanais Hassan El Hassani
et Mokhtar El Berkanais, le chanteur Rhany, Cheb Ramzy et le groupe
Nass El Ghiwane.
Le deuxième moment fort aura lieu au complexe
sportif du 19 au 21 avec cette fois-ci les stars incontestables du rai
avec à leur tête Khaled et Hamid Bouchnak ainsi que Cheb Bilal, Hoba
Hoba Spirit , l'orchestre national de Barbes, Mohamed Lamine, Réda
Taliani, Amine, Sahraoui et Zehouania.
«Au-delà d'un plateau
artistique de qualité, le festival se veut être un moment de rencontres
et d'échanges grâce aux multiples espaces d'expressions prévus
parallèlement pour ce festival du 17 au 25 juillet, à savoir :
expo-photos, vernissage, et d'autres expositions artistiques mettant en
exergue toute la richesse du patrimoine culturel de la ville et de la
région», soulignent les organisateurs de cette première édition.
En parallèle avec le festival, l'Association du tourisme sans
frontière, en collaboration avec le Centre régional d'investissement,
organise une conférence sur : «La musique vecteur de paix et de
développement», et ce, le 21 juillet à Dar Sabti à partir de 9h. Elle
sera animée par les professeurs Gamoun Moulay, Narjiss Jaroudi, Serraj
Jamal Eddine et Kadoussi Mohamed (délégué du ministère de la Culture).
A signaler aussi que plusieurs artistes-peintres exposeront leurs
toiles au complexe artisanal et au hall de la municipalité du 17 au 25
juillet.
Il aura fallu une trentaine d'années après les premiers
succès de Cheb Bessami, Cheb Mimoun, Rachid Berriyahe, les frères
Bouchnak, feu Fetouaki, Bouchra et le pionnier Boussoir El Meghnaoui,
pour que le rai trouve ses échos à Oujda. Le rai propulsera Oujda vers
la sphère des villes à dimension universelle au niveau de l'art. Un
premier essai ne pouvait être de maître s'il n'était pas agencé par des
professionnels et des artistes confirmés dans leurs domaines
respectifs.
L'idée d'organiser un festival de rai de renommée
internationale est dictée par plusieurs considérations
socioculturelles. Oujda est un fief par excellence de ce genre de
musique. Des chioukhs tels que Ali Tilissani, Abdellah El Magana,
Lakhder, Samir Jeguoi faisaient vibrer les foules depuis belle lurette.
Le rai dans sa version techno, des années quatre-vingt, doit beaucoup à
l'Algérien Maghni et aux Marocains Bouchnak qui furent les pionniers à
opter pour des arrangements musicaux modernes et à bouleverser les
rythmes classiques. Ils ont su faire un amalgame subtil de l'ancien et
du nouveau en introduisant des instruments tels que la boîte à rythmes,
l'accordéon, la guitare acoustique, la batterie, le saxophone, le
synthétiseur et autres instruments électriques à leurs arrangements.
Maghni fut derrière les succès retentissants des Chebs en Algérie et
les Bouchnak ont fait connaître le rai à travers les différentes villes
du Royaume. Sur le plan international et notamment en Europe, ce sont
les Michel Lévy et Barclay qui ont permis à Khaled et Mami de conquérir
le monde.
Ali KHARROUBI

